Avant d'écrire une ligne de code, je vais voir les gens. C'est devenu une règle du studio : on rencontre les professionnels d'une filière, on écoute leurs vraies galères, et seulement après on construit. En ce moment, ce sont les brasseurs wallons. Traçabilité des lots, accises, contrôles de l'AFSCA, gestion des stocks. Quarante-cinq minutes, autour d'une bière, et on ne vend rien.
Avant les brasseurs, il y a eu les indépendants. Et là, j'ai arrêté de chercher quoi construire.
Ce qui manque n'est pas ce qu'on croit
Demande à un indépendant ce qui lui manque, il te dira : un site web. C'est la réponse apprise. On lui a répété pendant vingt ans qu'il lui fallait un site, alors il répond ça, un peu gêné de ne pas en avoir.
Regarde sa journée, et tu vois autre chose.
Il est sous un évier, les mains dans une couleur, en consultation, sur un chantier, au volant. Le téléphone sonne. Il ne peut pas répondre. Le client n'attend pas : il appelle le suivant sur la liste. Personne ne saura jamais que cet appel a existé. Pas de trace, pas de statistique, pas de regret. Juste un client qui n'est pas venu.
Un site web ne décroche pas le téléphone.
Le vrai problème est en amont
Un site, c'est une vitrine. Une vitrine sert quand quelqu'un passe devant. Pour un indépendant qui vit du bouche-à-oreille et des appels, ce n'est pas la vitrine qui manque : c'est quelqu'un derrière le comptoir.
Et ce quelqu'un coûte cher. Un secrétariat à temps partiel, c'est un salaire. Un service de permanence téléphonique, c'est un abonnement mensuel pour quelqu'un qui ne connaît ni le métier ni les clients, et qui se contente de prendre un nom.
Entre les deux, pendant longtemps, il n'y avait rien.
Ce que j'en ai fait
Zelarix répond au téléphone et sur WhatsApp à la place de l'indépendant. Elle prend les rendez-vous, lit les mails, et transmet ce qui mérite d'être transmis. Pas de secrétariat à embaucher, pas de site à construire d'abord. Un numéro, et quelqu'un qui décroche.
Je l'utilise moi-même. Si tu m'écris depuis ce site, c'est elle qui te répond en premier et qui me passe le message. Tu vis le produit en me contactant, c'est le meilleur argumentaire que je connaisse.
Ce que ça m'a appris sur mon métier
Je construis des produits depuis vingt-cinq ans. La tentation permanente, c'est de construire ce qu'on sait faire plutôt que ce dont les gens ont besoin. Un site web, je sais faire. Un assistant qui décroche à trois heures de l'après-midi quand le plombier est sous un évier, c'est plus compliqué, et c'est ça qui manquait.
On ne vend pas un outil. On vend une heure récupérée, ou un client qui ne s'est pas échappé.
Le site viendra après, si un jour il sert à quelque chose.